Méthodologie · version du 2 octobre 2026

Comment le diagnostic est calculé, et ses limites.

Principes

  • Uniquement vos chiffres. Aucune valeur n’est déduite ou devinée : une donnée manquante produit « non renseigné », jamais une estimation silencieuse.
  • Des méthodes publiées. Chaque verdict cite sa source primaire, vérifiée à la source, avec ses critiques publiées.
  • Pas de score global. Aucune étude ne justifie de pondérer la trésorerie, le product-market fit et l’organisation dans une note unique. La recherche académique sur les causes d’échec des startups reste mince — par exemple, une étude évaluée par des pairs de 2025 porte sur 40 startups (Journal of Innovation and Entrepreneurship).
  • Confidentialité. Le calcul se fait dans votre navigateur : vos chiffres ne sont ni envoyés ni enregistrés.

Ordre de priorité

Quand plusieurs risques apparaissent, ils sont classés ainsi : trésorerie, product-market fit, efficacité du capital, organisation. C’est un raisonnement, pas une statistique : l’épuisement de la trésorerie est la cause finale la plus citée des fermetures de startups, et un product-market fit insuffisant la cause racine la plus citée (CB Insights, mars 2026, 431 startups financées fermées depuis 2023). Ces chiffres reposent sur des post-mortems publics et des causes déclarées : nous ne les utilisons que pour l’ordre, pas comme mesure.

Le rôle C-Level suggéré correspond au périmètre habituel du poste face au risque prioritaire (trésorerie et efficacité : CFO ; product-market fit : CPO ; organisation : COO). Aucune étude rigoureuse ne mesure quand une startup a besoin d’un dirigeant fractionnel : c’est un raisonnement, affiché comme tel.

Trésorerie : default alive / default dead

Ce que ça mesure

Si vos dépenses restent constantes et que votre chiffre d’affaires continue de croître au même rythme que ces derniers mois, atteignez-vous la rentabilité avant d’épuiser votre trésorerie ?

Calcul

Projection mois par mois, sur 10 ans maximum : CA du mois = CA actuel × (1 + croissance mensuelle)^mois ; la trésorerie diminue du burn du mois. « Default alive » si le CA dépasse les dépenses avant que la trésorerie passe sous zéro, « default dead » sinon. Sans taux de croissance, seule la durée de trésorerie à CA constant est donnée. Sans chiffre d’affaires, la croissance ne s’applique pas : le verdict est mécaniquement « default dead », et le résultat l’explique en mettant en avant la durée de trésorerie disponible.

Notre usage

C’est un calcul sur vos propres chiffres, pas une statistique externe : il ne dépend d’aucun échantillon. Sa limite est son hypothèse — dépenses constantes, croissance inchangée — que nous affichons avec chaque résultat. C’est une projection simplifiée, pas une prévision.

Efficacité du capital : burn multiple

Ce que ça mesure

Combien vous consommez de trésorerie pour chaque euro de nouveaux revenus récurrents annuels.

Calcul

Burn multiple = burn net annuel ÷ nouvel ARR net sur 12 mois. Le burn annuel est le burn net réel des 12 derniers mois s’il est renseigné ; sinon il est estimé à partir du burn mensuel actuel × 12, approximation signalée à l’écran (les deux périodes ne sont alors pas identiques). Repères publiés : < 1 excellent, 1 à 1,5 très bon, 1,5 à 2 bon, 2 à 3 douteux, > 3 mauvais. Calculé uniquement pour les modèles à revenus récurrents.

Critiques publiées

  • Le barème suppose qu’une prochaine levée aura lieu, ainsi qu’une marge brute de 75–80 % et une rétention nette ≥ 100 %. Un bon burn multiple reste du burn : la date d’épuisement de la trésorerie compte davantage si la levée n’est pas certaine. (Jason Lemkin, SaaStr)

Notre usage

La formule est fiable ; le barème est l’heuristique d’un investisseur, pas le résultat d’une étude. Il est toujours affiché à côté du verdict de trésorerie, jamais seul.

Product-market fit : test de Sean Ellis

Ce que ça mesure

La part d’utilisateurs qui seraient « très déçus » de ne plus pouvoir utiliser votre produit.

Calcul

Question : « Comment vous sentiriez-vous si vous ne pouviez plus utiliser le produit ? » (très déçu / un peu déçu / pas déçu). Repère : au moins 40 % de « très déçus ». En dessous de 40 réponses, nous ne concluons pas.

Critiques publiées

  • Aucune étude évaluée par des pairs ne porte sur ce test ; le seuil de 40 % repose sur l’expérience de son créateur. Conseil : ne pas lui donner un poids excessif dans les décisions. (Jim Lewis et Jeff Sauro, MeasuringU, mars 2022)
  • Faux positifs possibles : les clients répondent à la promesse d’une solution, pas au produit lui-même. (Tristan Kromer, Kromatic)

Notre usage

Nous gardons la question, simple et utile, mais présentons les 40 % comme un repère non validé scientifiquement, à compléter par la rétention.

Croissance de l’équipe avant validation du marché

Ce que ça mesure

Si votre effectif a augmenté sur 12 mois alors que votre marché n’est pas encore validé (étape « Découverte » ou « Validation », ou test de Sean Ellis sous le repère).

Calcul

Signal = effectif actuel > effectif il y a 12 mois ET marché non validé. Aucun seuil chiffré n’est appliqué : c’est une observation sur vos chiffres, pas une note.

Critiques publiées

  • Biais du survivant (seules des entreprises encore en vie ont été interrogées), application de tendances globales à des cas individuels, multiplication des tests statistiques. L’équipe Startup Genome a répondu dans le même article. (Jason Cohen, juin 2011)

Notre usage

Nous ne reprenons que le principe (ne pas grossir avant d’avoir validé son marché) et les définitions des étapes, fondées sur des jalons plutôt que sur le financement. Les pourcentages du rapport (données de 2011, déclaratives, corrélationnelles) ne sont pas affichés.

Tech : performance de livraison logicielle

Ce que ça mesure

Rien n’est calculé par nous sur cet axe.

Calcul

Nous renvoyons vers le DORA Quick Check officiel (gratuit, sans inscription), qui compare votre équipe aux benchmarks du secteur sur les métriques DORA.

Critiques publiées

Notre usage

C’est la source la plus solide de cette liste (recherche pluriannuelle, publiée). Plutôt que de recopier ses seuils, nous renvoyons vers l’outil de ses auteurs.

Ce que le diagnostic ne mesure pas (encore)

  • La rétention des utilisateurs, pourtant recommandée en complément du test de Sean Ellis.
  • Les unit economics au-delà du burn multiple (coût d’acquisition, valeur vie client, marge).
  • Le contexte français ou européen : toutes les sources utilisées sont américaines et orientées capital-risque.

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